Stor(i)etta : la recette des canederli. Ou ceux qui auraient pu être des canederli.

Cher lecteur, tu m’as compris, je ne triche pas avec toi. Il y a plusieurs raisons à ça, mais la principale est que vraiment…je ne me prends pas du tout au sérieux. Je veux dire, j’écris un blog, mais ces articles auraient aussi pu être des lettres envoyées à mes amis ou juste un cahier de recettes. Mais j’ai eu envie d’essayer autre chose, pour me marrer, pour transmettre.

Bon pourquoi je te raconte ça, tu te demandes ? Bah parce qu’en fait, avant de poster une recette si familiale et facile qu’elle puisse être, il y a pu y avoir quelques ratés. Comme on dit en italien : « non tutte le ciambelle escono con il buco ». Et hier soir, il y a eu plusieurs donuts sans trous.

Profitant d’un rendez-vous stéphanois, j’organise une soirée avec ma maman, qui m’a transmis cette passion pour les recettes et les personnes qui te les transmettent. Ça fait un mois qu’on parle de cette recette de canederli, parfaite pour l’hiver et plutôt inconnue endehors du Trentino…et puis plein d’anecdotes pouvait accompagner sa publication. Tu m’as compris, le post était dans ma tête, la pression sur ma maman.

Bon on a commencé sur une incompréhension. Elle voulait cuisiner le matin et moi le soir. Je sens donc un moyen enthousiasme lorsqu’elle vient me chercher et qu’elle comprend qu’elle ne va pas y échapper.Mais c’est une maman, et qui plus est qui a appris à être maman en Italie. Nous voilà donc en cuisine le soir.

Tous les plats jolis ont été sortis pour les photos. Tous les recoins de la cuisine nettoyés. Le petit napperon assorti, bien repassé et prêt pour le shoot. Tous les ingrédients achetés. Elle avait même pensé à comment les disposer, comment couper les ingrédients pour que je prenne bien les photos. On était au top. Et je sentais quand même une légère pression sur ses épaules.

J’avoue avoir été un peu surprise, quand au détour d’une phrase elle me dit : une seule fois je les ai complètement ratés, ils se sont complètement défaits à la cuisson. Mmmhhh1.

Puis j’ai eu un deuxième moment de doute quand elle m’avoue avoir cherché des recettes précises sur internet, parce qu’elle le fait un peu comme ça, et bah c’est pas sérieux Fanny. Du coup elle a changé la viande qu’elle utilise d’habitude. Mmmhhh2.

Et on a quand même un doute commun sur l’utilisation de la baguette. Mmmhhh3.

Je commence à comprendre qu’il est possible que nous soyons proches du désastre. Mais ma confiance en ma maman est sans limites, elle sait ce qu’elle fait.

Et j’aurais pu arrêter le post là : la recette est trop cool, la voilà, testez. Ou aussi juste ne rien dire, ne pas vous parler des canederli et vous parler de mon gâteau à l’orange qui est trop bon. Ou alors tricher un peu, comme quand on a trop une sale tête en photo, mais grâce à ton correcteur de smartphone et aux filtres insta, tu as quand même une mine de rêve. Oui, j’aurais pu faire pareil. Tenter d’en sauver un et puis, hop, une photo et voilà… Faire croire qu’on est trop des bomabsses des fourneaux en famille, tout le temps. Tu veux toutes les coulisses ? oui, j’ai essayé d’en sauver un… Et il s’est littéralement desintegré sur ma louche.

Donc voilà cher lecteur, le résultat final des canederli. Je te laisse apprécier la progression de leur décomposition. Sans filtres. Je ne te dis même pas que c’était bon, parce que je crois que malgré ce qu’on se disait, on n’a pas trouvé ça bon non plus. Je te laisse aussi chercher sur google à quoi ils auraient du ressembler.

Sois rassuré : rendez-vous a été pris pour le round 2.

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Recette : la panna cotta di Pina feat. Ninotchka

Celle-ci me tient vraiment à coeur…La panna cotta ? Nooooon, ça vraiment pas ! Pina! Mais pour sa stor(i)etta, tu vas attendra un peu.

Vraiment, il a été longtemps difficile pour moi de comprendre l’engouement autour de ce dessert. Du jour au lendemain, la panna cotta a fait un boum en France : j’ai l’impression que d’un coup elle a envahi les menus des restos. Vous avez bien lu hein ? PanNa CoTta (= crème fraîche cuite)…Oui parce que bon, à croire que les restaurateurs n’ont pas accès à internet. L’orthographe de ce dessert est assez souvent tout à fait incertaine…Il y a quelques jours, je me suis assumée et armée de mon plus joli sourire et j’ai gentiment fait remarquer une erreur d’orthographe sur le mot panna cotta. On m’a alors répondu avec beaucoup de sérieux et un peu de condescendance, qu’en Italie il y différents type d’orthographe possibles, je ne les connaissais juste pas. Ah ben oui, c’est vrai. En France aussi , des fois on peut écrire bojolé ou baghét.

Revenons à cet engouement panna cottien. La panna cotta ? Et en plus avec du coulis de fruits rouges ?!? Personnellement, ma gourmandise n’a jamais été pleinement satisfaite par ce dessert. Je lui préfère, sa grande soeur, le Bonet, avec plus de caractère, plus soutenue. Panna cotta et Bonet…l’éternelle histoire entre, l’amour pour Marylin Monroe ou Jane Russel.Ou Ryan Golsing et George Clooney.

Pourtant j’ai vécu dans la patrie de la panna cotta à la vanille. Je l’ai même mangée et apprise chez la personne la plus douce qui puisse être. Mais mon amour n’a jamais été complet pour ce dessert. Pas de passion, pas de frissons à l’idée de terminer sur cette note vanillée. Et puis ce blanc, un peu fade, un peu beige… Je porte mal le beige.

La panna cotta et moi…histoire compliquée. Que je ne devrais sûrement pas vous le raconter, parce que ma crédibilité va en prendre un coup. Mais je vous fais confiance. Alors, premier job d’étudiante, serveuse dans un resto italien. Tiens, quelle originalité. Bref, des clients me commandent des panna cotta. Et c’est à ce moment que je vous rapelle, que j’ai grandi dans la patrie de la panna cotta. Je les prends du frigo, dans des verres transparents, légèrement lilas. Et là, juste avant de les amener à table, je remarque avec horreur de la moisissure. Je la montre au responsable de salle, plutôt fière de moi d’avoir évité une déconvenue au resto. Il me regarde. Appelle le Directeur. Le commis. Le chef. Et ils rient. Tous. C’étaient les petits résidus de vanille.

Tu as toujours confiance en moi ? Alors, en attendant de te faire découvrir le Bönet, et surtout Pina, une version gourmande de la panna cotta t’attend…Et elle n’est pas beige !

Et cette recette aussi, fait partie des recettes à faire les yeux fermés : simple, peu onéreuse, et qui te fais briller en société !

De quoi j’ai besoin ? (pour 4 panna cotta individuelles, 6 si tu prends des petits moules en silicone)

250ml de crème fraîche liquide (bon je ne fais pas semblant, je mets souvent de l’entière)

50-70 gr de sucre (vu ce que je te fais mettre en crème de noisettes…bah tu peux y aller mollo côté sucre)

2 cuillères à soupé bien bombées de crème de noisettes (une petite faiblesse pour la Nocciolata…)

1 cuillère à café d’extrait de vanille ou une gousse de vanille

2 gr d’agar agar

Comment je fais ?

  1. Mettre à bouillir la crème, le sucre et la vanille. Attendre que ça frémisse et rajoutez l’agar agar. Tu dois bien fouetter pour que l’agar agar se dissolve et qu’il n’y ait pas de grumeaux.

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2. Une fois que la préparation boue et que tout est bien mélangé, mets le feu très doux (ou tu peux même l’enlever du feu) et ajoute les deux cuillères de crème au chocolat. Remue jusqu’à la préparation soit bien mélangée, en veillant à ne pas laisser de grumeaux.

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3. J’aime bien que la panna cotta soit dans des moules individuels. Du coup, je mets la préparation dans des verres basques, soit dans des moules à silicones (que tu démoules au moment de servir).

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4. Une fois tes moules remplis, attends que tes crèmes refroidissent un peu, couvre-les de film transparents et mets-les au frigo pour 4h minimum.

5. Pour moi cette panna cotta, étant déjà une version aromatisée, elle ne nécessite pas de coulis particulier. Au contraire, j’ajoute plutôt de l’acidité et un peu de craquant à mettre sur la dent. J’aime bien donc les servir avec un petit fruit comme de la grenade par exemple (l’assemblage de couleur…super chic!). Ci-dessous version physalis. ou alkekengi. Ou des amours en cage. ou des aguamantes. Sérieusement, combien de nom pour ce petit fruit ?!

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La stor(i)etta di pasta e spinaci

Ma première colloc a été avec mon amie E.M., italienne des Marche. Alors avant que je passe un mauvais dimanche, répète après mois : on prononce MarKE, une très belle région du centre de l’Italie, côté Adriatique. Mais le centre de l’histoire n’est pas là, pas aujourd’hui. Notre petite colloc d’italiennes à Lyon, a vite, très vite tournée à une colloc culionaire : les petits doggy bag de mes parents le dimanche soir pour affronter la semaine, le petit kebab du samedi nuit du papi du Pont de la Guilliotière, les gnocchi maison devant Sex and the city, les courgettes pour les repas light cuites dans 12cm d’huile d’olive…bref on était sûrement pas très sveltes, mais on a passé de très riches moments autour de notre table de cuisine. Et un jour, nous avons compris que nous avions un atout : on était italiennes. Les gens adorent manger italien. Les garçons peuvent être séduits par une bonne assiette…C’est comme ça que nous avons commencé notre vie mondaine : les dîners stratégiques de E.M. et F.

Il y avait toujours un temps préliminaire sur la composition du dîner : un tel peut s’entendre avec une telle, j’aime bien truc, je voudrais revoir machin, mais comment l’inviter si on n’invite pas chose ? Je pense que cette période nous a fortement préparées à nos compétences de diplomates et relations publiques. Et autour de la table nous avions toujours quelqu’un qui nous intéressait….Toujours. Et ma mère était fournisseuse officielle de recettes. Je pense que jusqu’à aujourd’hui elle ne se doutait pas le machiavélisme de nos préparatifs, ni pourquoi nous faisions ces dîners…mais désormais je suis majeure, j’assume !

Un soir, nous voulions apprendre à connaître H. et P. Moi j’aimais vraiment beaucoup H. Il était un peu vieille France, et déjà à l’époque très attentif au manger sain, bio, de saison. La hotline » cucina mamma » me dit : fais des pâtes aux épinards, c’est de saison, ça va vite, c’est bon. Et en plus, tu peux même les faire avec les épinards surgelés, et tu ne dis rien à tes invités. Ah la sagesse de parents.

Nous voilà, E.M. et moi, jolies, avec nos assiettes creuses à pois rouges, nos pâtes aux épinards joliment posées. H. me regarde et me demande si j’ai pas trop eu de difficultés pour les nettoyer, car ça sent, ce sont des épinards frais, c’est certain. Petites étoiles dans les yeux, je réponds que vraiment, j’aime bien préparer les produits frais et que cela a été un plaisir…Depuis j’ai vraiment appris à les nettoyer. Ah et aussi quand H. m’a invité pour déjeuner un pote-au-feu un dimanche midi à 20 ans, j’ai compris que la bonté des épinards ne faisait pas tout.

Tu veux draguer avec des épinards ? Voilà la recette pas à pas !

 

Recette : pâtes aux épinards « pasta e spinaci di mamma »

Je ne pensais pas du tout écrire cette recette…Et puis cette semaine, je l’ai préparé pour un petit dîner…et sans même m’en apercevoir, je t’ai sorti deux histoires de mon chapeau liées à ce plat…Et mon invité m’a fait remarquer que cette recette parlait de quelque chose d’autre que juste d’épinards….Alors la voilà ! Et…elle est : familiale, peut -être végétarienne, elle est parfaite pour le mois de novembre et elle est bling bling de bonté et simplicité. Tu veux en savoir plus sur l’histoire de la fraîcheur des épinards ? C’est par ici  !

Avant de t’expliquer comment faire tes pâtes…Un petit conseil : veille à ce que la sauce ne soit pas trop liquide. Ou alors ne parle pas en gesticulant en servant.

Je parle d’expérience. Lorsque mon frère avait son resto, j’ai travaillé avec lui quelques temps. Il cuisinait, je servais. Premier service ensemble, il décide de faire des orecchiette agli spinaci. Je sors ma première assiette, habituée au service, j’en prends deux, easy.  Je vais à la table à droite de la cuisine, des habitués très sympas, me dit Cri. Alors moi je fais la petite soeur très sympa. Et je commence sûrement à papoter, à sourire, toujours en tenant mes assiettes pleines. Le client très sympa me regarde et me fait remarquer, très délicatement, que sa besace, ses plans d’archi, son pantalon sont entrain d’apprécier la crème d’épinards. Ma carrière de serveuse ne c’est pas arrêtée, l’archi a continué à venir. Par contre j’ai agrandi à jamais mon éventail de gros mots franco-italien en quelques seconde d’échanges avec mon frère.

De quoi j’ai besoin (pour 4 personnes)

1 kg d’épinards

20 cl de crème fraîche liquide ou 250 gr de ricotta

8 tranches de coppa (facultatif)

noix muscade, poivre et sel

parmesan

500 gr d’orecchiette (+++) ou penne

Comment je fais ?

1.Ah ben il faut nettoyer les épinards. Je dirais que c’est l’étape la plus longue de cette recette. En fonction de leur saleté (en gros, s’il a plu ou pas avant récolte), fais-les tromper deux ou trois fois, pour enlever toute la terre. Puis quitte les branches un peu dures. Fais confiance à tes doigts : ceux qui te paraissent trop dures à manger, hop d’un coup de pouce et index tu les coupes et tu peux tirer un peu, jusqu’à ce que les petits fils partent aussi.

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2. Puis tu les éminces. Soit au couteau, soit au hachoir, ça dépend si tu as envie que ça ressemble plus à un pesto ou si tu veux qu’il y ait un peut plus de consistance. Si tu veux les hacher complétement, je te conseille donc de les cuire entier, puis de les mixer avec la ricotta. Dans la recette, je les ai émincé au couteau. Une fois émincés, tu les mets sans rien d’autres dans une casserole et tu remues régulièrement, jusqu’à ce qu’ils se « détendent ».

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3. Tu peux mettre l’eau à bouillir pour cuire tes pâtes. Pendant ce temps, tu mélanges un peu la ricotta, en la salant, poivrant et en grattant de la noix de muscade. Si tu préfères la crème fraîche, tu fais la même chose, mais dans une poêle à feu doux. Puis tu y mets les épinards, dans ta préparation. Tu laisses mijoter à feu très doux.

4. Tu n’oublies pas le gros sel dans l’eau de tes pâtes. Quand elle bout, hot tu mets tes pâtes et tu les remues de temps à autre avec une cuillère en bois pour qu’elles ne collent pas. Pendant ce temps tu peux découper 4 tranches de coppa et tu les mets avec ta sauce.

5. Respecte le temps de cuisson sur ton paquet. Voir même une petite minute en moins si tu veux tester le vrai al dente à la napolitaine. Elles sont presque cuites ? Attention, SECRET : prend une ou deux cuillères de l’eau de cuisson et mets les dans ta sauce qui mijote. Remues. Égoutte tes pâtes, mets les dans la poêle avec la sauce, toujours sur le feu doux…Arrose d’un peu d’huile et de parmesan…

6. Sers dans une jolie assiette, ajoute un peu d’huile, du parmesan (oui oui encore) et une jolie tranche se coppa au milieu, joliment pliée ! (hier soir, c’était version végétarienne, donc pas de jolie coppa !)

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La stor(i)etta : il pastificio di Corso Langhe

Dans ma recette de gnocchi, je me suis livrée sans pudeur sur…mon incapacité à me restreindre à des proportions françaises lorsque j’en achète des industriels. J’avoue ne pas avoir été tout à fait honnête. J’en mange certes. Cuits. Et crus. Comme ça, un ou deux en passant. Mais j’ai toujours une (grosse) pointe de déception. C’est quand même sacrément pas bon le raviolo ou gnocco industriel cru. Mais la pasta fresca cruda faite avec amour est ma madeleine à moi.

Petite, le pastificio où nous allions toujours avec maman m’a donné de mauvaises habitudes. Cette épicerie se trouvait au bout d’un boulevard, qui pour moi était un peu comme les Champs Elysées du Piémont. Des arbres d’un côté et d’autre, des magasins, mon école de danse, le Prisunic italien… Bref, le Corso Langhe de Alba. Si tu connais Alba ou le Langhe, t’imagines comme j’avais une fantaisie galopante enfant . Et sur ces Champs, au bout, à droite, un pastificio.

Ah mais vous, vous avez peut-être grandi en France… Et tu te dis… Un pastificio? (j’entends d’ici avec terreur les prononciations possibles.. Tu prononces la fin comme: TCHO)

Je vous parle de pâtes, encore oui, mais ce genre de magasin explique sûrement en partie pourquoi on est aussi exigeants avec les pâtes. Il pastificio est typiquement le genre de magasin où je pourrais rester une journée entière, assise, à observer. Le genre de magasin qui te permet de comprendre un quartier, de le sentir et de créer des liens immédiats. Le genre de magasin où tu vois la fabrication de ce que tu achètes, sans que cela soit mis en scène ou rendu marketing.. (Et oui Fred, tu n’as merveilleusement rien inventé, même si ta meringue est plutôt miam).

Deux grandes banques frigorifiques, carrelages blancs, personnels habillés en blanc et charlottes dans les cheveux. Je sais ce que tu te dis… Mais ce pastificio dégageait une chaleur et une convivialité, dont je me souviens encore aujourd’hui. Nous y allions pour acheter nos tajarin, nos ravioli al plin, et le ragù qui allait avec. J’attendais impatiemment que la dame me regarde. Et là, je savais que le moment était arrivé. Une poignée de pâtes fraîches crues à manger sur place, rien que pour moi. La dame ne le sait pas, mais de avec ce geste, elle m’a donné envie de tout goûter et elle a développé une addiction sévère à la pasta fresca cruda

Nous allions aussi beaucoup chez DeFilippis à Turin. Ce pastificio était un peu moins convivial, tout boisé et avec quelques dorures, mais aussi très authentique et familial. Là, mon papa demandait un assaggio (un petit peu, pour goûter), pour que quand même je puisse faire un petit benchmark pour la famille.

Bon depuis Penelope C. y a été manger et ils ont perdu un petit peu de simplicité et rajouté beaucoup de dorures.

La pasta fresca, c’est aussi le toucher, le plaisir de mélanger ta farine et de lui donner une forme. Ça, je l’ai appris avec mes parents, mais un atelier avec recette ad hoc s’impose..la seule chose que je puisse te dire pour le moment c’est que je ne sais pas si j’étais une assistante très efficace pour mes parents… Mais le contrôle qualité goût de la pâte fraîche crue, je l’ai toujours pris très au sérieux.

Recette : gli gnocchi di nonna Mariuccia

Lorsque j’ai envie de me faire un repas câlins (on accepte ça comme traduction de comfort food ?), ce n’est pas un hamburger, des frites ou un kebab…Non, chez moi ce sont les gnocchi. Je ne peux pas vous parler de cette pâte sans vous faire une confidence gênante, voir mêmes deux confidences gênantes. J’ose aujourd’hui en parler pour libérer la parole d’autres italiens vivant à l’étranger. Confidence 1 : oui, j’avoue, j’ai donc déjà acheté des gnocchi industriels au supermarché. Et au delà du fait que ça ressemble un peu à des Malabar durcis et que tu dois vraiment chercher le goût de la pomme de terre… je crois que nous avons un autre problème. Souvent les paquets aux rayons frais sont indiqués pour deux personnes. Or, la portion italienne pour un italien (ou qu’un italien peut possiblement manger) correspond à…1 paquet. Confidence 2 – qui vaut d’ailleurs pour les ravioli aussi – le paquet y passe. Et j’habite donc seule.

Du coup, ne pouvant jamais faire de gnocchi quand j’ai plusieurs personnes à ma table, j’ai eu vite envie d’apprendre à faire ces pâtes. Faire et manger les pâtes fraîches est l’un de mes souvenirs d’enfance le plus présent…Chez les Sorrentino nous faisions aussi gli gnocchi, mais ce n’est pas la même recette que je vais vous livrer aujourd’hui. Il y aura sûrement d’autres recettes de gnocchi, car selon les régions et les familles, les ingrédients de base changent.

J’ai voulu vous partager une recette facile, économique et ludique pour que vous ayez envie de la tester en famille. Je l’ai apprise il y a quelques années dans la cuisine de Rita, qui l’a elle même apprise de sa maman Mariuccia, qui l’a elle-même apprise de sa maman Angela. Originaires des montagnes piémontaises, elles les faisaient en hiver, en utilisant les produits qu’elles avaient : des pommes de terre et de la farine. La pomme de terre a donc beaucoup d’importance dans la réalisation de cette recette : elle doit être de chair jaune et vieille, c’est peut-être là la vraie difficulté de ce plat. Ah non il y en a peut-être une autre, mais c’est aussi le plaisir de cette recette…Transmise de mère en fille, elle ne connaît pas de dosages précis. Il faut se fier à son regard et odeur pour la cuisson de la pomme de terre et à son toucher pour la consistance de la pâte. Je vais essayer de te guider et toi, fais-toi confiance !

Évidemment, curieux comme tu es, tu as déjà regardé le glossaire italien, et tu sais que chaque sorte de pâte a sa sauce. Ce type de gnocchi hivernal, n’y échappe pas…mais je vous laisse d’abord vous entraîner  quelques semaines avant de vous faire découvrir  la sauce parfaite, en direct du Piémont. Pour ton premier essai de gnocchi, je vais te conseiller une sauce plus simple, mais tout aussi efficace et câline !

Recette conviviale : tu peux la faire avec tes enfants, tes neveux pendant un samedi pluvieux ou même avec tes amis avant le début d’une soirée.

De quoi j’ai besoin ?

2-3 pommes de terres moyennes par convive. Il faut des pommes de terre plutôt vieilles, à chaire jaune et avec leur terre. J’ai fait la recette avec des Marabelles, j’en étais plutôt contente.

1 Kg de farine que tu n’utiliseras sûrement pas en totalité, mais par poignées

Comment je fais ?

Préalable pour la sauce. Pour ce premier essai, je te conseille donc de faire une petite sauce tomate simple. Avant d’attaquer tes gnocchi, épluches une gousse d’ail. Mets de l’huile dans une casserole et tu le fais revenir . Quand lui l’huile commences à faire de petites bulles, tu mets une sauce tomate, la passata. Tu baisses le feu au minimum et tu la laisses cuire le temps de ta préparation des pâtes. N’oublie pas de saler et poivrer ! Pour la passata, je te conseille celle en bouteille en verre, sans arômes ou herbes ajoutées.

Préparation des gnocchi

1.Remplir d’eau une casserole profonde et la porter à ébullition. En attendant, bien rincer les patates de leur terre. Lorsque l’eau boue, mettre les pommes de terres avec leur peau.

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2. La cuisson des pommes de terre est un élément essentiel de la recette, il ne faut pas que l’eau pénètre la pomme de terre…On les retire du feu lorsque tu sens avec le couteau qu’elles sont très tendres et que la peau commence un peu à se détacher.  Tu attends quelques minutes, tu prends ton courage dans tes deux mains, et tu commences à les éplucher!

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3. Ensuite, il faut écraser les pommes de terre pour arriver à la consistance d’une purée fine. Personnellement, comme j’aime toucher les produits je les écrase avec une fourchette et je termine à la main, pour m’assurer qu’il ne reste pas de morceaux durs. S’il en reste, je les enlève au fur et à mesure de la préparation, ce n’est pas agréable de les avoir sous la dent.

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4. On peut commencer à travailler la pâte. L’objectif est d’arriver à obtenir une boule qui ne colle pas sur les doigts et qui soit suffisamment souple pour nous permettre de la travailler. On va donc commencer à rajouter des poignées de farine jusqu’à obtenir la consistance souhaitée. Mon petit conseil : ajoutes une ou deux poignées, puis malaxes la pâte et ainsi de suite. Cela te permet de sentir la progression de la texture et d’éviter de mettre trop de faire d’un coup, ce qui laisserait un goût farineux dans tes gnocchi.

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5. Quand ta pâte commence à être homogène, tu peux mettre un peu de faine sur ton plan de travail tu continues à la travailler hors du saladier. Toujours en rajoutant de la farine par poignée, jusqu’à avoir la bonne consistance souple et pas collante. Tu formes une grosse boule de pâte. Uno gnocco géant en somme.

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6. Et hop, on se lave les mains. Et on commence à faire de la place dans notre cuisine parce que tu vas avoir besoin d’espace pour tes gnocchi…Prépare des plateaux avec un peu de farine pour pouvoir les disposer…Je me permets de te le préciser, car je ne voudrais pas voir de nouvelles recettes naître, comme des omelettes de gnocchi : tu disposes tes gnocchi les uns à côté des autres et pas les uns sur les autres…

7. Mais… »elle a oublié de nous dire comment les faire?! » Mais non, je m’inquiète juste que tu sois bien préparé avant de commencer. De ton gnocco géant tu en prends une petite boule. Tu farines ton plan de travail et tu commences à la faire rouler sous tes mains pour en faire un serpentin, ni trop fin, ni trop long. Puis tu le coupes en petits morceaux, comme ci-dessous.

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8. Et maintenant….tadada, c’est le moment où ton petit coussin lyonnais (ça en a un peu la forme non ?) va devenir un gnoccho…Tu prends une fourchette, et avec l’autre main, tu prends délicatement ton gnocco et le roule sur les dents de ta fourchette avec ton index…en photo, ça devrait être plus parlant. Si tu es plus à l’aise, avec ton pouce ça marche aussi!

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9. Voilà, tu continues comme ça jusqu’à la fin…Quand tu disposes tes gnocchi sur tes plateaux, n’oublie pas de les saupoudrer un peu de farine de temps à être pour pas qu’ils ne deviennent trop collants. Je te conseille de les faire le jour même pour les consommer dans la foulée…de toute façon si tu attends, ils seront mangés petit à petit, crus. Ah voilà, tu n’osais pas….Goûte !

10. Pour la cuisson : prends une casserole profonde, tu la remplis d’eau et la sales avec du gros sel. Quand elle boue, tu mets délicatement tes gnocchi, par poignée, en veillant bien qu’ils ne collent pas. Remues-les de temps à autre avec ta cuillère en bois. Quand ils remontent à la surface, tu les remues encore un peu avec ta cuillère et tu attends qu’ils remontent une seconde fois. Dès qu’ils remontent, avec ton écumoire tu les sors petit à petit et les mets dans ton saladier, dans lequel tu as déjà déposé un peu de la sauce tomate. Tu recouvres de sauce, au fur et à mesure que tu déposes tes gnocchi. Si tu veux être encore plus gourmand, tu peux couper aussi une ou deux mozzarella en petits morceaux dans ton plat. On sert immédiatement, avec beaucoup de parmesan, un coup de poivre et quelques feuilles de basilic si c’est la saison ! (bon la photo ci-dessous c’est le pesto maison de Sarah…recette peut-être à venir, l’été prochain !)

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Recette : la crostata di Iolanda

En italien, je dirais que la crostata « fa casa« . C’est le genre de petite tarte, qui te fait sentir accueillie dans une maison, qui sont bon les hivers avec un thé chaud mais aussi les goûters en terrasse ! Si tu veux en savoir plus sur l’histoire de la recette, c’est par là, sinon…prend ton tablier et au travail !

De quoi j’ai besoin ?

200 gr de farine (et sûrement une poignée de plus !)

100 gr de beurre salé à température ambiante (ou doux, ou demi-sel..ça dépend de votre goût)

100 gr de sucre roux

1 oeuf

1 cuillère à café rase de levure chimique

1 pot de confiture pour la garniture (mais tout ne sera pas utilisé !)

Un moule à tarte

Des ou un emporte-pièce pour la décoration

Comment je fais ?

1. Commence par mélanger la farine, le sucre, la levure. Puis rajoute le beurre coupé en morceaux, pour que ce soit plus simple à manger, enfin l’oeuf.

Bon en réalité, quand je la fais, je mélange un peu tout comme j’ai envie, c’est pour cela que c’est le dessert parfait à faire avec les enfants. L’important est de pétrir la pâte à la main, c’est là que réside le plaisir de cette tarte ! (ah oui non ben non. Je ne suis pas une adepte de Magitruc ou autre…)

Si vous sentez que le pâton est un peu trop collant, rajoutez un peu de farine. A la fin du pétrissage, forme une boule, elle doit ressembler à la photo ci-dessous.

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2. Puis partage-la en deux :  2/3 de la préparation servira de base pour la tarte, l’autre pour la décoration.

3. Beurre et farine le moule à tarte, puis prend les deux tiers de la pâte et étend-la dans le moule avec tes mains. C’est une tarte rustique, ce n’est pas grave si elle n’est pas identique de tous les côtés, c’est ce qui fera son charme. Veille à ce qu’il n’y ait pas de trous en l’étirant.

4. Recouvre de confiture, en veillant à bien laisser les bords sans rien.

5. Farine un peu le plan de travail et étende la petite boule de pâte qui te reste. Avec l’emporte-pièce, commence à faire des formes (épaisseur de 1cm) et dispose-les sur la tarte. Ne les mets pas trop près, sinon tu prends le risque que les formes se collent entre elles ( avec la levure ils vont gonfler à la cuisson ).

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Enfourne à 180°, sortez-la dès qu’elle est dorée !

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Recette : les pêches façon Rita ou »Le Pesche all’amaretto »

Je vis un cas de conscience professionnelle aujourd’hui. Est-ce que j’écris ou pas cet article sur un dessert à base de pêches ? Risqué, je sais. Et en même temps, qui va vraiment vouloir faire la recette avec des pêches hors saison ? Ou qui en fait va plus s’intéresser à notre héroïne, Rita, que nous aurons sûrement le plaisir de retrouver pour d’autres recettes ?

Parlons d’abord de l’amaretto…l’une des pépites méconnues de l’Italie. Ce petit gâteau, fait à partir de l’amende amère de l’abricot, est la base de plusieurs de mes desserts préférés. Méfiez-vous…rien n’est amer dans ce petit gâteau sec, à part le nom. Très friable, il se cuisine facilement…juste un peu compliqué de le trouver en France…mais ça, ça fait partie des choses que j’aime bien justement !

La recette de ces pêches est un souvenir d’enfance, que Rita m’a fait redécouvrir. Rita est l’une de mes mamans de la cuisine piémontaise. Grâce à elle, j’ai découvert des plats typiques des montagnes, qui vont chauffer les pages hivernales du blog…Elle transmet avec douceur et amour une cuisine familiale, généreuse et astucieuse. Elle transmet aussi une cuisine que je classifierai de classique…elle DOIT rester inchangée. Et avec cette recette, j’attaque une nouvelle catégorie du blog…Le recettes inimitables.

Je m’explique…Lorsque j’ai cuisiné avec Rita pour cet article…j’ai tenté de demander si, éventuellement, les pêches pouvaient être remplacées par un autre fruit…Et là je me suis retrouvée face au même regard de ma maman sur d’autres sujets :

  • On ne fait pas pasta e piselli avec autre chose que des tagliatelle fraîches
  • On ne prépare pas la sauce tomate avec autre chose que de l’ail
  • On ne fait pas de tiramisu’ avec des speculoos
  • On ne fait pas des pizza avec de la crème fraîche
  • et..on ne fait pas des pesche all’amaretto avec un autre fruit

J’aimerais donc vous dire que vous pouvez remplacer les pêches par un autre fruit pour en faire toute l’année. Mais je suis bloquée. Techniquement vous pouvez, mais la recette qu’on me transmet ce n’est pas ça. Je ne porterai donc pas ce poids sur mes épaules ! (très honnêtement, comme on dit en italien : l’amaretto est la mort de la pêche…ça va quand même extrêmement bien ensemble,et sûrement qu’un autre fruit…)

De quoi j’ai besoin ? (pour 8 personnes)

4 pêches bien mûres

8-10 amaretti ( compter deux amaretti par fruit puis + 2 )

1/2 cuillère à soupe de cacao amer

1/2 cuillère à soupe de sucre

1 jaune d’oeuf (facultatif)

1. Bien laver vos pêches (ma technique : un peu de bicarbonate et on laisse tremper avant de frotter). Idéalement, il faudrait garder la peau, donc des pêches bio ou non traitées sont préconisées. Puis les couper en deux, dans le sens de la longueur et dénoyautez-les. Prenez un peu de pulpe de vos pêches, histoire d’agrandir un peu le trou du noyeau et réservez.

2. Mettre du papier sulfurisé sur votre plaque allant au four et disposer vos pêches.

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3. Mixer la pulpe des pêches, les biscuits, le cacao, le sucre et le jaune de l’œuf. Vous pouvez aussi tout écraser et mélanger à la fourchette. Personnellement je préfère, j’aime bien avoir du croquant sous la dent en mangeant.

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4. Déposez cette préparation avec une petite cuillère dans le creux de vos pêches.

5. Si vous souhaitez gratiner plus vos pêches, disposez une petite noisette de beurre et un peu de chapelure sur celles-ci. Moi, je fais sans ! Disposez la plaque au four, à 190°. Elles seront prêtes quand les pêches seront bien cuites, comme sur la photo ci-dessous.

(en réalité, une pêche par personne….ne m’a jamais suffit ! mais vous avez compris le principe des ingrédients !)

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A propos de Ninotchka

Aussi loin que je réfléchisse, tous mes souvenirs sont soit sucrés soit salés…ils sont souvent dans une cuisine familiale ou autour d’une tablée, avec des sourires ou des larmes, mais ce n’est jamais insipide.

J’ai grandi en Italie, fille d’une maman française et d’un papa italien. Enfin, d’une maman pied-noire et d’un papa napolitain.  Qui m’ont élevé au Nord de l’Italie. Contrairement à mon grand frère, qui lui a traversé l’Italie. Notre cocon familial se trouve en Catalogne. Vous commencez à comprendre pourquoi il y a autant de bouffe dans mes souvenirs…et tout ça teinté d’huile d’olive et de pain pour saucer (fare scarpetta) .

Chez nous, les recettes ont toujours été associées à une personne : mes parents ayant beaucoup déménagé, ma maman tenait des cahiers de recettes avec le nom de la personne qui lui avait appris : la pasta di Donata, la torta di mele di Marlène (recette que nous n’avons jamais retrouvée…mais apparemment délicieuse), il carpione di Pina, etc…Ainsi, j’ai grandi avec ces histoires et j’ai développé cette même manie : pour tout plat, j’ai au moins 5 minutes d’introduction, qui explique qui, pourquoi et comment nous l’avons apprise.

Je vais essayer de partager ces histoires et ces recettes à travers ce blog, des recettes simples, de saison, généreuses et conviviales, pour que toutes les personnes qui ont aimé partager ces moments avec nous, puissent continuer à être célébrées et pour que ces rencontres continuent à vivre !

 

La stor(i)etta : la crostata di Iolanda

La crostata est la tarte familiale italienne : simple et rustique, elle sent bon les dimanches à la maison. Je me souviens encore de ma première part, c’est l’un de mes premières souvenirs sucrés.

Un jour, une amie de ma mère vient nous rendre visite. C’était la fin des années 80, en Italie du Nord, nous habitions un appartement dans le centre de la petite ville d’Alba (Piémont). Iolanda sonne : une petite femme avec un gilet en laine rouge tachetés de fraises, un col claudine blanc, des cheveux noirs coupés courts, cotonneux, entourant un visage aux traits fins, une belle peau mate. Elle venait nous voir avec sa crostata pour accompagner le thé. C’était mon premier thé entre filles !

A partir de ce moment, j’ai beaucoup vu Iolanda et j’ai appris beaucoup de mes recettes sucrées. La crostata reste le plus beau souvenir d’une douce enfance italienne.

J’ai appris à la faire avec elle, enfant…et je continue à la transmettre aux enfants qui m’entourent. Cette recette a sauvé pas mal de baby-sitting et d’après-midi pluvieux !